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Le Chien de Jean-Marie
ou le contre-éloge de la bien-pensance

Les phéromones sont des
substances émises par la plupart des êtres vivants. Elles
agissent comme des messagers entre les individus d’une même
espèce en transmettant des informations qui jouent un rôle dans
l’attraction et dans la répulsion. Déposées dans
l’environnement, elles délimitent un territoire. Chez les
canidés, les phéromones sont contenues dans les urines que les
individus déposent sur des repères, ceux-ci servant en quelque
sorte de bornes pour marquer leur territoire.
Jean-Marie
aime les chiens. Comme beaucoup d’hommes de pouvoir, il est
complètement gaga des siens. Sa préférence va vers des
Ibicencos, des lévriers venant d'Ibiza. Contrairement à une
idée bien reçue, les lévriers ne sont pas des imbéciles à quatre
pattes ; ils ont simplement une forte propension à suivre
quelques idées fixes. Nous allons vous révéler l’un des secrets
les mieux gardés de la République : l’un des chiens de
Jean-Marie est tout particulièrement intelligent et son maître
l’a dressé à utiliser ses phéromones avec discernement. Nous
allons voir ici de quelle façon…
Jean-Marie, comme ses lévriers, a quelques idées fixes. Nous en
avons tous et, jusque-là, il n’y a pas de quoi fouetter un
chartreux ! Ainsi, lorsqu’une idée plait à Jean-Marie, il la
veut pour lui. Et pour lui tout seul ! Le problème pour lui est
qu’une idée ne peut pas s’acheter ; on ne peut pas se
l’approprier non plus.
Mais Jean-Marie, qui est un rusé renard, a trouvé la solution.
Nous connaissons tous la facilité qu’il a de se faire détester
par le personnel politique de notre Cher Vieux Pays. Nous
soupçonnons même ce provocateur professionnel de le faire exprès
et d’utiliser ce penchant à la détestation que lui portent ses
contemporains à son bénéfice personnel.
Ainsi, lorsqu’une idée lui plait, ne pouvant ni l’acheter ni se
l’approprier, Jean-Marie a trouvé la solution pour que ses
adversaires s’en écartent volontairement et lui en laissent la
quasi exclusivité. Pour parvenir à ses fins, il a dressé son
lévrier préféré à aller déposer généreusement ses phéromones sur
l’idée en question. Le résultat ne se fait jamais attendre. Dès
qu’elle hume qu’une idée politique a eu l’heur de plaire à
Jean-Marie, cette idée fut-elle de bon sens, une majorité de
femmes et d’hommes politiques, de gauche comme de droite, se
détourne d’elle en se pinçant les narines avec ostentation.
C’est ainsi que l’association du bleu, du blanc et
du rouge est devenue un jour suspecte d’extrémisme alors
qu’elle a été forgée par les Conventionnels de 1789 qui
voulaient unir le bleu et le rouge de Paris au
blanc du roi.
Dans un autre ordre d’idées, le substantif nationaliste
est devenu en France une injure alors qu’il y a encore peu de
temps Jean Jaurès, ce grand homme de gauche, affirmait que «
La nation, c’est le seul bien des pauvres ».
La notion de souveraineté nationale et populaire elle
aussi est devenue pour certains synonyme de xénophobie,
alors qu’elle est l’un des principes fondateurs de notre
République formant le Titre I de notre Constitution,
pourtant révisée en 2010 par des parlementaires bien éloignés de
la pensée de ses pères fondateurs de 1958, Michel Debré et le
Général de Gaulle.
Pour sa part, le terme de populisme est devenu une grossièreté
alors que le principe de notre République, inscrit lui aussi
dans notre Constitution est « le gouvernement du peuple, par
le peuple et pour le peuple ».
De son côté, Jeanne d’Arc, figure emblématique de
l’histoire de France et de la Résistance s’il en est, commence à
sentir le soufre depuis qu’en 1988 Jean-Marie va porter des
fleurs aux pieds de sa statue équestre chaque 1er mai.
Nombreux sont les sujets devenus carrément tabous. Ainsi en
est-il de l’immigration, des frontières douanières,
du protectionnisme ou de la peine de mort… par
exemple. Les femmes et les hommes politiques qui osent les
aborder s’exposent à être diabolisés par la classe bien-pensante
dominante.
Il est aujourd’hui devenu quasiment impossible d’être exhaustif
sur les ravages causés tant par le Chien de Jean-Marie que par
l’absence totale du respect du vote des Français au Référendum
de 2005 par ceux qui ont violé la démocratie en ratifiant le
Traité de Lisbonne en 2007. Ceux qui se réclament du « Front
Républicain » abandonnent les uns après les autres les
principes fondamentaux de notre République à l’adversaire.
La « Tribu des Oui-oui » a atteint un tel degré de cécité
intellectuelle que si demain Jean-Marie déclarait tout haut
aimer le camembert, à l’instar du chien de Pavlov des cohortes
d’imbéciles bien-pensants défileraient dans les rues de nos
villes en brandissant pancartes et banderoles pour demander à
Bruxelles l’interdiction totale du fromage de Normandie !
Si elle souhaite que les électeurs retrouvent le chemin des
bureaux de vote, il est temps que l’entièreté de notre personnel
politique, de gauche comme de droite, recolle à la réalité et
tourne enfin le dos à la dictature de la bien-pensance. Oui, il
est possible, par exemple, d’aimer l’Europe et souhaiter que les
décisions majeures concernant la France soient prises à
l’Assemblée Nationale par les représentants élus par notre
Peuple. Oui, il est possible d’aimer les étrangers sans
souhaiter pour autant qu’ils viennent s’exiler en masse dans des
ghettos à la périphérie de nos villes tandis que 100.000 de nos
concitoyens, nationaux ou pas, dorment dans la rue et que bien
plus encore vivent dans la précarité.
La voie de l’intégrité citoyenne est étroite et le désamour
croissant des Français pour une classe politique en perte de
repères ne doit pas pour autant les conduire à n’importe quelle
extrémité.
Ainsi, certains « détails » nous sont formellement
insupportables. Comme nous sont formellement insupportables les
85 millions de morts tombés sous les régimes communistes qui ont
ensanglanté le siècle dernier.
Enfin, si Jean-Marie vient de prendre sa retraite, son chien,
lui, est encore jeune et il se pourrait bien que l’animal
choisisse d’effectuer ses hygiéniques ballades quotidiennes au
bout d’une laisse tenue fermement par une main plus jeune…
… et, qui sait, peut-être demain sera-t-il malvenu de sortir
vêtu d’un complet… bleu-marine.
Michel Émeriau
Président de Prométhée
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