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TIRER LES LEÇONS DU NON


À une très large majorité, les Français ont rejeté le projet de
constitution européenne. Le taux de participation au référendum
ne laisse aucun doute sur leur détermination. Il convient
désormais, à chacun des camps, d’en tirer toutes les leçons
politiques.
Le premier constat est le gouffre qui s’est creusé entre la
classe politique qui a validé la modification constitutionnelle
à 91,71%, en Congrès le 28 février, et le Peuple qui a rejeté le
projet de constitution européenne à 54,87%.
Nos «élites» au pouvoir sont désormais face à une alternative :
soit faire leur la volonté du Peuple et imposer, pour ce qui
concerne la France, la volonté des Français, soit se démettre.
Le Président de la République semble vouloir opérer un
remaniement ministériel, rien ne l’y oblige dans notre
Constitution. Comme rien ne l’oblige à démissionner. Mais pour
être crédible au regard de la volonté des Français, ce
remaniement doit s’assortir, au minimum, des conditions
suivantes : le Premier ministre, le Ministre des Affaires
étrangères ainsi que le Ministre délégué aux Affaires
européennes doivent être «euro compatibles» avec le vote des
Français.
De son côté, le principal parti de Gauche et ses dirigeants
actuels vont devoir se remettre en cause très profondément. Ils
ne devront notamment pas oublier que 60% de leur électorat ne
les ont pas suivi dans leurs illusions européennes. Vouloir
rejeter la faute de l’échec sur l’autre camp du Oui, à Droite,
comme certains tentent actuellement de le faire, serait
suicidaire.
Oui ! C’est bien principalement la construction européenne qui
vient d’être rejetée par les Français !
Cela va donc poser quelques problèmes à une classe politique
française majoritairement «formatée» à régurgiter les dogmes
pré-pensés par les idéologues de Bruxelles.
La classe politique européenne va devoir, pour sa part, tenir
compte du Non français. Vouloir accentuer la centralisation des
pouvoirs entre ses mains ne pourra que l’isoler plus encore de
la volonté des Peuples. Le souffle de la démocratie va devoir
porter jusqu’à Bruxelles car aujourd’hui que la France a eu le
courage de dire Non, d’autres ne vont pas tarder à suivre si on
leur laisse la possibilité de s’exprimer !
Dans le camp du Non, il faut cesser de tenter de déposséder les
Français de leur Non afin de se l’approprier à des fins
partisanes. En effet, si les électorats des extrêmes, de Droite
comme de Gauche, ont suivi très majoritairement les directives
de leurs partis, la victoire du Non n’aura pu se réaliser sans
un vote significatif et conjoint des opposants à l’intérieur
même des deux principaux partis de gouvernement. Et aucun de ces
électorats ne supportera qu’une faction tente de s’approprier
leur victoire. «Ce n’est pas la Droite, le Non de la France, ce
n’est pas la Gauche, non plus. Le Non de la France, c’est tout à
la fois, c’est tous les Français !» aurait pu dire le Général De
Gaulle.
Mais nos critiques les plus sévères iront à notre propre famille
politique, les gaullistes. En effet, comment justifier une telle
transparence médiatique ? Pas, ou très peu, d’images des
vainqueurs de la famille Gaulliste sur nos petits écrans.
L’immense majorité des Français ignore même d’autre nom que
celui de Charles Pasqua. Nicolas Dupont-Aignan, Patrick Labaune,
Lionnel Luca, Jacques Myard ou Philippe Pemezec sont de quasi
inconnus à l’extérieur de leur circonscription électorale !
Pire, les Marchands du Temple se sont accaparé la pensée
Gaulliste sans qu’aucun des nôtres n’ait l’envergure ou la
volonté politique de s’y opposer !
La vérité est qu’il n’existe plus à ce jour un véritable grand
mouvement Gaulliste. Les Gaullistes sont tous dispersés dans
quelques dizaines de petits clubs et leurs députés pointent tous
à l’UMP !
Aujourd’hui, 30 mai 2005, le Comité Gaulliste pour le Non a
perdu sa raison d’être pour cause de victoire. Il nous
appartient désormais de passer à une étape suivante.
Si le Gaullisme est né de la pensée d’un géant isolé en pleine
déroute de la Nation française, il peut renaître de la volonté
d’un autre géant : le Peuple français ! Il nous appartient de
rassembler nos forces pour faire naître le grand mouvement
Gaulliste dont notre Nation a tant besoin.
Aussi, nous appelons à se mettre à l’œuvre les représentants des
clubs, des associations et des mouvements Gaullistes, les
personnalités dont la fidélité aux idéaux prônés par le Général
De Gaulle n’a jamais été mise en cause, ceux enfin de nos
compatriotes, jeunes et vieux, femmes et hommes, qui désirent le
bâtir.
Nous allons créer, ensemble, les Assises du Gaullisme.
Ces Assises du Gaullisme serviront de socle au futur mouvement.
Plusieurs personnalités ont d’ores et déjà donné un accord de
principe pendant les dernières semaines de la campagne
référendaire.
Mais tout reste à faire…
Michel Émeriau
Président du Comité Gaulliste pour le Non
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