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Non à l'abstention ! Et tous dans la rue dimanche dès 22 heures !


 

Michel Émeriau

Dans quelques heures, la campagne référendaire sur le projet de constitution européenne va s’achever. Rarement, depuis le Référendum du 28 septembre 1958 par lequel les Français ont adopté la Constitution de la Vème République, une consultation n’avait revêtu une telle importance pour notre avenir.

En effet, l’enjeu est considérable. Nous avons à faire face à un véritable choix de société. Ce choix est susceptible de nous engager pour les décennies à venir. Et les Français ne s’y sont pas trompé. Ils ont participé, quelquefois avec passion, au débat sur l’avenir de l’Europe et de la France. S’agissant d’une constitution, d’une loi supérieure s’imposant à toutes les autres, y compris à notre propre constitution nationale, de l’avenir de la France, ils ont eu raison de s’impliquer ainsi.

Sans financement public, le Comité Gaulliste pour le Non a participé à cette campagne en créant des Comités dans des dizaines de villes de France. Nous remercions les Citoyens qui nous ont aidés par leur engagement ainsi que les Parlementaires qui nous ont apporté leur caution morale. Partout, de Strasbourg à Rennes, de la Normandie à la Provence, en Région Parisienne ou en Languedoc, nous avons entendu les Français et nous avons dialogué avec eux sur les marchés, dans les cages d’escalier, dans les cafés, sous les préaux des écoles, dans nos réunions publiques ou quelquefois dans la rue, tout simplement.

Un peu partout en France ont refleuri les Croix de Lorraine que certains «grands» partis ont trouvé un peu trop «lourdes» à porter en préférant faire leur religion d’un consensus mou.

Il est de l’honneur de notre démocratie qu’un tel débat ait pu se dérouler dans notre pays. Il n’avait jusqu’ici pu se développer nulle part ailleurs en Europe. En effet, l’adoption de ce projet de constitution passait pour un fait acquis depuis de nombreux mois. Les élites européennes avaient décidé pour nous. Nous avions même entendu certaines hautes personnalités étrangères venues nous expliquer, en France, que ce débat ne concernait pas le Peuple français, que c’était trop compliqué pour lui, qu’il valait mieux confier la décision aux chefs d’états et de gouvernements et aux parlementaires.

Pendant ce temps, en même temps que nos concitoyens, nous avons entendu nos voisins et amis Européens venus nous dire à quel point nous avions la chance de pouvoir nous exprimer par Référendum, venus nous dire à quel point nous avions de la chance de pouvoir décider de notre avenir, de celui de nos enfants.

Oui, les principes fondateurs de notre démocratie confèrent à la voix du boulanger la même valeur qu’à celle du Prix Nobel. Il en est ainsi depuis un peu plus de deux siècles en France. Et ce modèle démocratique a éclairé des dizaines de Nations à travers le Monde !

Aussi, il est souhaitable que ce débat serve d’exemple aux autres Peuples d’Europe. Nous sommes fiers, en tant que Français, d’avoir ouvert cette voie. Les partisans du Non que nous sommes y ont grandement contribué en interpellant tant les partis politiques de gouvernement que les médias.

Nous avons estimé, pour notre part, que ce projet de constitution ne forgeait pas la société que nous souhaitions pour la France des cinquante années à venir et, par voie de conséquence, pour l’Europe. Vous le savez, et nous n’allons pas refaire la campagne.

Mais la première victoire est que nous ayons pu organiser ce grand débat. Aussi, il est impératif que les Français participent en nombre à la consultation qui va se dérouler le dimanche 29 mai. Sans une participation massive des électeurs, ce débat qui s’est déroulé pendant plusieurs mois en France n’aurait aucun sens.

Aussi, nous appelons les Français à aller voter dimanche, à participer à la grande fête de la démocratie, de le faire en nombre, de le faire avec passion. La Fête des Mères qui se déroulera simultanément avec le Référendum ne doit pas être un frein à la participation citoyenne. Bien au contraire. C’est une excellente occasion pour les familles réunies de vérifier si chacun de ses membres a accompli son devoir et, lorsque ce n’est pas le cas, de se rendre, tous ensemble, au bureau de vote pour le faire.

À 22 heures, à l’heure de clôture du scrutin national, nous invitons les Français à descendre dans les rues, sur les places, face à la mairie de leur ville ou de leur village pour participer à la grande fête de la victoire de la démocratie. Pour notre part, nous sommes convaincus qu’il s’agira de la grande Fête du refus au renoncement, de la Grande Fête du Non.

Michel Émeriau
Président du Comité Gaulliste pour le Non