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Non à l'abstention ! Et tous dans la rue
dimanche dès 22 heures !


Dans quelques heures, la campagne référendaire sur le projet de
constitution européenne va s’achever. Rarement, depuis le
Référendum du 28 septembre 1958 par lequel les Français ont
adopté la Constitution de la Vème République, une consultation
n’avait revêtu une telle importance pour notre avenir.
En effet, l’enjeu est considérable. Nous avons à faire face à un
véritable choix de société. Ce choix est susceptible de nous
engager pour les décennies à venir. Et les Français ne s’y sont
pas trompé. Ils ont participé, quelquefois avec passion, au
débat sur l’avenir de l’Europe et de la France. S’agissant d’une
constitution, d’une loi supérieure s’imposant à toutes les
autres, y compris à notre propre constitution nationale, de
l’avenir de la France, ils ont eu raison de s’impliquer ainsi.
Sans financement public, le Comité Gaulliste pour le Non a
participé à cette campagne en créant des Comités dans des
dizaines de villes de France. Nous remercions les Citoyens qui
nous ont aidés par leur engagement ainsi que les Parlementaires
qui nous ont apporté leur caution morale. Partout, de Strasbourg
à Rennes, de la Normandie à la Provence, en Région Parisienne ou
en Languedoc, nous avons entendu les Français et nous avons
dialogué avec eux sur les marchés, dans les cages d’escalier,
dans les cafés, sous les préaux des écoles, dans nos réunions
publiques ou quelquefois dans la rue, tout simplement.
Un peu partout en France ont refleuri les Croix de Lorraine que
certains «grands» partis ont trouvé un peu trop «lourdes» à
porter en préférant faire leur religion d’un consensus mou.
Il est de l’honneur de notre démocratie qu’un tel débat ait pu
se dérouler dans notre pays. Il n’avait jusqu’ici pu se
développer nulle part ailleurs en Europe. En effet, l’adoption
de ce projet de constitution passait pour un fait acquis depuis
de nombreux mois. Les élites européennes avaient décidé pour
nous. Nous avions même entendu certaines hautes personnalités
étrangères venues nous expliquer, en France, que ce débat ne
concernait pas le Peuple français, que c’était trop compliqué
pour lui, qu’il valait mieux confier la décision aux chefs
d’états et de gouvernements et aux parlementaires.
Pendant ce temps, en même temps que nos concitoyens, nous avons
entendu nos voisins et amis Européens venus nous dire à quel
point nous avions la chance de pouvoir nous exprimer par
Référendum, venus nous dire à quel point nous avions de la
chance de pouvoir décider de notre avenir, de celui de nos
enfants.
Oui, les principes fondateurs de notre démocratie confèrent à la
voix du boulanger la même valeur qu’à celle du Prix Nobel. Il en
est ainsi depuis un peu plus de deux siècles en France. Et ce
modèle démocratique a éclairé des dizaines de Nations à travers
le Monde !
Aussi, il est souhaitable que ce débat serve d’exemple aux
autres Peuples d’Europe. Nous sommes fiers, en tant que
Français, d’avoir ouvert cette voie. Les partisans du Non que
nous sommes y ont grandement contribué en interpellant tant les
partis politiques de gouvernement que les médias.
Nous avons estimé, pour notre part, que ce projet de
constitution ne forgeait pas la société que nous souhaitions
pour la France des cinquante années à venir et, par voie de
conséquence, pour l’Europe. Vous le savez, et nous n’allons pas
refaire la campagne.
Mais la première victoire est que nous ayons pu organiser ce
grand débat. Aussi, il est impératif que les Français
participent en nombre à la consultation qui va se dérouler le
dimanche 29 mai. Sans une participation massive des électeurs,
ce débat qui s’est déroulé pendant plusieurs mois en France
n’aurait aucun sens.
Aussi, nous appelons les Français à aller voter dimanche, à
participer à la grande fête de la démocratie, de le faire en
nombre, de le faire avec passion. La Fête des Mères qui se
déroulera simultanément avec le Référendum ne doit pas être un
frein à la participation citoyenne. Bien au contraire. C’est une
excellente occasion pour les familles réunies de vérifier si
chacun de ses membres a accompli son devoir et, lorsque ce n’est
pas le cas, de se rendre, tous ensemble, au bureau de vote pour
le faire.
À 22 heures, à l’heure de clôture du scrutin national, nous
invitons les Français à descendre dans les rues, sur les places,
face à la mairie de leur ville ou de leur village pour
participer à la grande fête de la victoire de la démocratie.
Pour notre part, nous sommes convaincus qu’il s’agira de la
grande Fête du refus au renoncement, de la Grande Fête du Non.
Michel Émeriau
Président du Comité Gaulliste pour le Non
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